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Quand les déchets deviennent des sources d'énergie

Un tri correct des déchets à la source fait des merveilles

306-03-01Chaque habitant produit jusqu'à un kilo et demi de déchets par jour environ. Sur une base annuelle, on arrive donc vite à 485 kg de déchets ménagers par personne. Heureusement, plus de 72% de ces déchets sont actuellement collectés de façon sélective et réutilisés comme matières premières (secondaires). «Dans ce domaine, la Flandre fait vraiment partie des meilleurs,» affirme Koen Delie de chez IMOG (Société intercommunale pour la santé publique). «Durant les quarante dernières années, nous avons considérablement évolué.» (B.V.)

Autrefois, les déchets étaient collectés et traités pour des raisons d'hygiène. Mais de nos jours, ces activités font partie du secteur environnemental et un déchet sert à produire de l'énergie et des matières premières.

Koen Delie a beaucoup à dire au sujet du sens des responsabilités des citoyens dans le domaine du tri des déchets. «En voyant le chemin parcouru au cours de ces dernières décennies, on peut affirmer par exemple que le parc à conteneurs, qui est passé de 6 fractions en 1985 à plus de 40 actuellement, est passé du stade de « friterie » à celui de « restaurant quatre étoiles ». Dans les parcs à conteneurs, nous collectons quarante sortes différentes de déchets qui sont prêts à être recyclés. Le marché du plastique offre encore plus de possibilités : il existe une demande en PVC en Chine, les pots de fleurs deviennent des pare-chocs de voitures, les bouchons des bouteilles de vin sont transformés en dalles de liège ou en panneaux d'isolation et les vieux CD et DVD en lattes de plexiglas. C'est pourquoi nos parcs à conteneurs sont répartis en petites «rues environnementales», qui ressemblent vraiment à des rayons de grands magasins qui contiennent...des déchets.»

Nouvelles fractions

En raison de l'étendue relative de ces fractions et du manque d'endroits où installer les nombreux parcs à conteneurs, on est passé des conteneurs classiques de 20 m3 à des récipients plus flexibles d'1,5 m3. «Les habitudes de tri acquises se sont étendues aux nouvelles fractions, ce qui permet d'économiser des matières premières primaires. Grâce à cette nouvelle initiative, l'IMOG franchit une étape supplémentaire permettant de réduire la quantité de déchets résiduels à 150 kg par habitant.»

306-03-02Le pourcentage de la quantité totale de déchets qui finit à la décharge diminue de plus en plus. © Menart

Les délégations étrangères envient souvent la façon dont la Flandre a réussi à convaincre sa population de trier ses déchets en plus de quarante fractions différentes. «Le système du "pollueur payeur" et une sensibilisation accrue y ont fortement contribué. Si vous proposez plusieurs possibilités au citoyen et lui expliquez suffisamment pourquoi le tri peut créer de la valeur ajoutée, il suivra vos recommandations.»

Séparation à la source

Les Flamands trient consciencieusement leurs déchets à la source. «L'IMOG travaille pour 229.000 personnes. Cela signifie que plus de 500.000 mains peuvent nous aider en triant le plus possible les déchets à la source. Pour être recyclée, une fraction de déchets doit être suffisamment homogène et suffisamment nette. La séparation à la source permet d'obtenir une bien meilleure qualité que si nous devions par la suite trier les différentes fractions. Nous essayons autant que possible de traduire les instructions concernant le tri en exemples concrets et tangibles. Par exemple, nous collectons des « pots de fleurs » dans les parcs à conteneurs. Ce mot est bien plus facile à comprendre que le terme « plastique polypropylène ». La population contribue beaucoup à notre travail.»

Une sensibilisation continue

Une sensibilisation continue est nécessaire pour que ces efforts se maintiennent constamment. Tout le monde a une tâche à accomplir, c'est la raison pour laquelle nous travaillons de plus en plus souvent par groupes-cibles: nous organisons des évènements pauvres en déchets avec des gobelets réutilisables et des îles de déchets, ainsi que des projets dans les écoles, du compost dans les fermes pour enfants et des conférences. Et chaque année, plus de 5000 personnes visitent les installations de traitement des déchets. «Nous utilisons pour cela un instrument de communication indispensable: notre Journal des Déchets, qui est distribué quatre fois par an dans 110000 boîtes aux lettres. Nous y utilisons les mots les plus simples possible pour que tout le monde puisse les comprendre. Le tri des déchets mais aussi la diminution de leur quantité font ainsi partie des tâches ménagères normales et ne sont pas seulement réservés aux jeunes écolos.»

306-03-03Le sens des responsabilités des citoyens en matière de tri des déchets a fortement augmenté. © Recupel

Les entreprises doivent rattraper leur retard

Au sein des entreprises, l'économie prime en général sur l'écologie. En effet, le tri nécessite souvent des efforts et de la main-d'œuvre. «Les entreprises doivent encore rattraper leur retard en matière de traitement des déchets. Le législateur y contribue, par exemple en fixant des objectifs plus stricts dans le nouveau Vlarema. Les entreprises devront de plus en plus tenir compte de la sélection des déchets dans leur agenda. Actuellement, les entreprises jettent encore trop de déchets qui pourraient être recyclés. Heureusement, les séances d'information et les sessions de formation portent leurs fruits.»

Points de fonctionnement

Les déchets coûtent de l'argent. De nombreuses entreprises n'en sont pas suffisamment conscientes. «La première mission des entreprises est de calculer ce que leur coûtent leurs déchets au moment de fixer le prix de vente de leurs produits. Elles le faisaient déjà auparavant lorsque l'aspect sécurité entrait en compte dans le calcul du prix de revient. Mais il faut également tenir compte du fait que les taxes environnementales de l'OVAM rendent souvent le traitement final des déchets plus cher que leur recyclage. Il est donc évident que le tri peut rapporter de l'argent, y compris aux entreprises.»

Réduire la quantité de déchets

306-03-04Pour réduire réellement la quantité de déchets, il faut aussi offrir les alternatives nécessaires. «On sait très bien qu'environ 42% des déchets ménagers sont composés de matériaux organiques pouvant être compostés ou utilisés pour nourrir les poulets. Notre région (la Flandre Occidentale du Sud, ndlr) héberge maintenant 20000 fûts à compost et autant de poulets. Tout le monde a un rôle à jouer dans ce domaine, c'est pourquoi on travaille de plus en plus souvent par groupes-cibles. Les mouvements de jeunesse travaillent sur le thème de la durabilité. Avec son slogan « Ne vous faites pas emballer », le groupe de travail provincial chargé de la communication a organisé une action dans le domaine des courses pauvres en déchets. Cette évolution aussi est nouvelle : la communication permet de travailler au-delà des frontières de l'intercommunale et d'élargir le champ d'action de la prévention des déchets pour arriver à davantage de durabilité. Cela demande aussi plus de mobilité et d'énergie.»

Magasins de seconde main

Les centres qui se chargent du traitement des déchets veulent arriver à une approche intégrée dans ce domaine et disposent pour cela d'un réseau étendu. Koen Delie: «Ainsi, le président du Centre de seconde main de Flandre Occidentale du Sud est un membre de l'IMOG, qui le soutient financièrement. Nous travaillons en collaboration avec des entreprises d'économie sociale pour le projet « Nette Regio » par exemple, qui fait en sorte que de petits travaux dans le domaine de la salubrité publique (balayer, ramasser les détritus qui traînent,...) soient effectués par des entreprises d'économie sociale sous le nom de « Team Rudy ». Nous travaillons également avec des entreprises privées dans le domaine de la collecte à domicile par exemple. De plus, nous travaillons avec une ferme bio qui fait office de centre éducatif et qui forme par exemple des professeurs de compostage.»

Jeter de moins en moins

Le pourcentage de la quantité totale de déchets qui finit à la décharge diminue de plus en plus. La quantité de déchets ménagers jetés est devenue presque nulle (environ 2%). «Nous sommes arrivés à une quantité aussi basse grâce à l'interdiction de déversement. Il est difficile de descendre plus bas car il n'existe pas d'autre application pour certaines fractions telles que l'amiante-ciment. Nous avons recherché des alternatives au remplissage des décharges. Le lagunage des fonds sous-marins offrait des possibilités intéressantes dans ce domaine : les cours d'eau sont dévasés en collaboration avec Envisan (une filiale de Jan De Nul). Sur notre site de Moen, on assèche les lagunes des fonds sous-marins, ce qui permet d'utiliser à nouveau ce terrain.»

La hiérarchie des déchets

Tout comme d'autres intercommunales, l'IMOG respecte la "hiérarchie des déchets", qui préconise la prévention des déchets comme solution optimale, aussi bien sur le plan écologique qu'économique. «Un déchet qui n'existe pas ne doit pas être collecté ni traité. La solution suivante est la réutilisation, par exemple par le biais des magasins de seconde main. Le recyclage constitue l'étape suivante et est considéré comme une meilleure application que la transformation en source d'énergie. On arrive ensuite à l'incinération avec récupération d'énergie. On ne jette que les déchets qui ne conviennent pas pour les étapes précédentes.»

 
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